Par Matrix
Si Ségolène Royal n’existait pas il faudrait l’inventer. Hier soir, comme lors de la précédente émission de Nicolas Sarkozy sur France 2, l’ex-candidate à la présidentielle n’a pas lâché une minute le candidat UMP. Le reprenant sur tout.
Lorsque Dominique l’ouvrier lui demande de ne pas parler de Lejaby, sauvé à deux mois des élections, Royal approuve " Dominique à raison, arrêtez avec Lejaby ! Quelle patience ont les français.”
Sarkozy, combatif , annonce " je n’ai pas l’intention de reculer” . Réponse du tac au tac “ il ne peut plus reculer, il est dans les cordes ”.
Mais les tweets sont bien plus sévères encore sur les affaires. Nicolas Sarkozy se défend sur Kadhafi et s’enorgueillit de ne jamais avoir été condamné sur rien ? Réponse de Ségolène Royal : “forcément vu les obstacles mis à la justice”. Plus cinglante encore sur les femmes , " il n’ y a que les femmes qui font leurs courses " ( sur l’ouverture des magasins le dimanche ) ou “ cessez de citer rama, Rachida, Fadela , elles ont été virées du gouvernement ”.
Un festival, plus pondéré et police que lors de la dernière séance, où Royal s’était laissé aller à des expressions qui lui ressemblent assez peu comme " cirer les pompes " ou "faire le malin". Cette fois, elle a pris soin de ne pas tomber dans ce qu’elle dénonce chez lui : son vocabulaire pour faire peuple " tout ça n’est pas très présidentiel " assène-t-elle .
Laissons le soin aux commentateurs de trouver des raisons psychologiques à cette démarche : nostalgie de 2007, volonté de refaire le match par tweets interposés. C’est possible mais ça n’est certainement pas la raison essentielle. Dans une campagne présidentielle, chaque heure compte car tout peut tourner très vite. En bien comme en mal et ces moments médiatiques importants, qui précédent le long tunnel de l’égalité du temps de parole, ces moments médiatiques sont des balles que joue l’adversaire à fond et qu’on ne doit pas laisser passer au prétexte qu’on aurait 2 sets d’avance et 3 jeux à zéros dans le 3ème set. On a vu des joueurs revenir de nulle part ( Yvan Lendl face à Mac Enroe en 1984 à Roland garros ) et si l’on peut tuer le match, jour après jour, il faut le faire, et utiliser tout moyen pour le faire .
Voila probablement la raison profonde de ce live-tweet stimulant dans cette soirée ennuyeuse à mourir. Et sur le plateau et sur la TL où l’équipe hollande, hormis les formidables blogueurs, est restée fort silencieuse. On se demande bien pourquoi les porte-parole et les députés qui maîtrisent pourtant bien l’outil, n’ont pas twitte toute la soirée. Encore une fois, Ségolène Royal à été la seule à aller au front, à travers les réseaux sociaux. Cela a plusieurs vertus . Mobiliser les troupes, impulser des idées pour la riposte, montrer au camp adverse qu’on ne le laisse pas respirer. Cela ne tient en aucun cas du gadget mais bien de l’une des armes de campagne. Royal fait feu de tout bois.
Elle a raison car à trop vouloir s’économiser avec prudence, on peut se réveiller plus vite qu’on ne le croit avec la gueule de bois.
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